Les Grands Feux de La Borne 2026 viennent de s’éteindre. Un grand nombre de passionnés de céramique s’y sont retrouvés pour des rencontres pleines de chaleur et d’humanité. La céramique, c’est un morceau de l’histoire des femmes et des hommes depuis des milliers d’années. On y a donc côtoyé tradition et modernité. C’est le cas des divers fours à bois que les potiers de La Borne et des alentours ont allumés du 18 au 26 octobre.

Je présenterai ici des photos de quelques fours, accompagnées de commentaires succincts. Je n’ai choisi que des fours cuisant à haute température (1300° et plus…). Il ne s’agit pas d’une liste exhaustive. Les schémas des différents fours présentés dans ce billet sont extraits du programme officiel des Grands feux 2026. Avec mon épouse, nous avons rencontré pas mal de potiers, participé à une table ronde et à un atelier de kurinuki, lequel a connu un grand succès. On peut regretter que le public ne puisse pas participe à plus d’ateliers de ce type.
Au Centre Céramique contemporaine (CCCLB) on retrouve trois fours à bois de taille, de profil et d’esprit très différents.
Le four ANAGAMA du CCCLB est au centre de tous les regards. Pendant cinq jours, les cuiseuses et cuiseurs se succèdent pour l’alimenter. Un four tout en longueur, une voûte chaînette, 3 m3, 12 stères de bois. On l’alimente par une ouverture à l’avant jusqu’à la chute de la montre supérieure (souvent la n°10, 1303°), puis on alterne avec les deux ouvertures sur les côtés pour finir de cuire la partie suivante, proche de la cheminée. On attendra souvent plus d’une semaine pour le défournement.

Document du CCCLB


Le modèle le plus répandu chez les potier(e)s de la Borne est certainement le four « Phoenix » (ou « Olesen » du nom du potier qui en a revu le plan et popularisé sa construction). Il a plusieurs atouts:
- Il est compact et concentre bien la chaleur dans la chambre.
- Il est assez facile à construire et plutôt économique (dans sa construction et sa consommation de bois).
- Il peut se décliner dans plusieurs volumes, de moins de 150 litres à plus d’un mètre cube.




Le kiln train (four train), qu’on ne connaissait guère en France, commence à avoir ses adeptes. C’est le cas d’Ophélia Derely.




Marc Feller, ingénieur thermicien, a construit quelques fours de sa conception, pour des céramistes. l’un d’eux se trouve près de La Borne chez Claire Linard. Il s’agit d’un four à air pulsé (par un ventilateur), qui réinjecte de l’air déjà chaud et de ce fait brûle des gaz imbrûlés: économie d’énergie par une combustion plus complète et souplesse des réglages. Mais il a nécessité des tubulures en acier réfractaire et pas mal de briques lourdes. (J’avais moi-même contacté Marc Feller en 1982 avant de construire mon premier four à bois; mais il m’avait dit avoir arrêté de travailler avec les potiers…)


Arlette Legros a appelé son four Méphistophélès, sans doute en rapport avec le feu de l’enfer. Pour moi, il s’agit d’une déclinaison du four chainette.


Le four Akigama de Seungho Yang est une sorte de four couché sur une petite pente. Il permet des dépôts de cendre conséquents.



Le four 3 E a été conçu récemment par Jean Girel (céramiste mondialement connu et trésor vivant au Japon). Il en existe déjà plusieurs modèles en France, dont l’un au centre céramique contemporain de La Borne. 3 E parce que:écologique, économique et ergonomique. Ecologique: en effet il consomme peu de bois et rejète très peu de particules fines et d’imbrûlés. La combustion est assez complète. Economique à cause de sa faible consommation de bois. Ergonomique, car il est large, peu profond (une seule plaque) et l’enfournement du bois et des pièces se fait à hauteur d’homme.
Sa conception permet des réglages fins en ce qui concerne l’atmosphère (réduction ou oxydation), ce qui n’est guère le cas dans la plupart des fours à bois et quasiment impossible dans les fours électriques. La cuisson est rapide. Mais il ne faut pas en attendre des effets de cendres sur la terre ou les émaux. C’est une bonne alternative à un four à gaz.



On attendra 2027 pour de nouvelles aventures et de nouvelles cuissons. Merci à l’association des potiers de la Borne pour ces jours de rencontres et de fête.






Un moment de pause












Musuchasi (réserve des eaux usées lors de la cérémonie du thé)
Bol, émail à la cendre sur roche (carrière du Maconnais)


pichet, émail blanc sur roche



































