Meilleurs voeux pour 2016

Nous vous souhaitons une bonne année 2016, avec des petits et des grands bonheurs, des rêves qui se réalisent, des découvertes et des rencontres …

Monique et Hubert

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Une table de réveillon

Publicités

Lendemain d’élections

J’ai l’intention de publier de temps à autre un billet d’humeur sur un sujet d’actualité. Je n’y prétendrai pas faire preuve d’une originalité ou d’une perspicacité hors du commun, mais comme tout humain, j’ai parfois besoin de m’affranchir de la communication ambiante ou de pousser un coup de gueule.

Alors, ces élections régionales ? Deux pistes de réflexions.


D’abord le Front National, évidemment. Je passe sur les points essentiels du programme. Fermer les frontières quand les échanges (humains et marchandises) depuis quelques années ont été multipliés par plus de vingt ! Imaginez le nombre de fonctionnaires nécessaires aux frontières : nous ne sommes ni la prison de la Corée du Nord ni une ile comme la Grande Bretagne. Je passe aussi sur la sortie de l’euro, comme si aujourd’hui changer de monnaie nous changerait en quoi que ce soit la vie. Mais non, nos problèmes ne viennent ni de la monnaie européenne — même si la Banque Européenne n’est pas exempte de tout reproche — ni des autres, mais de nous-même. Quels efforts pouvons-nous faire, nous, pour mieux vivre ensemble ? Quel homme politique courageux (churchilien ?) va nous entraîner à retrousser nos manches au lieu de nous promettre…

Mon interrogation porte plutôt sur la stratégie du FN. Dans une démocratie, même  avec des scrutins majoritaires à deux tours, un parti ou un groupe qui souhaite gouverner est contraint — et c’est bien comme ça, pour des tas de raisons dont on pourrait débattre — de s’allier à d’autres portant des idées ou des projets suffisamment proches. Ceci pour obtenir une majorité de gouvernement et surtout pour avoir une légitimité suffisante devant la nation. Or le FN ne cesse de fustiger l’UMPS et on ne le voit guère oeuvrer pour s’allier avec un parti conséquent. Dans ce cas là, sauf situation exceptionnelle improbable, comment compte-t-il faire ? C’est pour moi la leçon principale de son échec et de ceux qui vont suivre.


Ensuite, la Corse qui a élu une majorité relative régionalo-autono-indépendaniste dirigée par le leader autonomiste Gilles Simeoni. Je laisse les explications de ce vote aux spécialistes (le clientélisme, la mise en examen pour corruption de l’ancien patron de l’assemblée corse, Paul Giacobbi…). Mes interrogations sont plus générales. Je suis allé quelques fois en Corse, j’ai même vécu quelques jours chez un (ex) indépendantiste dans le maquis. Cependant, pour un Français du continent comme moi, la Corse reste un mystère, une énigme. Je ne comprends rien au jargon nationaliste de certaines factions (ex : les forces vives de la nation corse dont ils nous rebattent les oreilles, c’est quoi dans la réalité ? Et quelles sont les forces qui ne sont pas vives ?).

J’ai toujours le sentiment que leur discours convoque  des fantasmes, des chimères menaçantes, que la méchante France continentale leur en veut, les menace… de quoi? L’État français serait la cause de tous leurs maux alors qu’il est le garant du droit. Quel crime avait commis le préfet Erignac pour qu’on réclame aujourd’hui l’amnistie de son assassin ? Qu’est-ce qu’un prisonnier « politique » dans une république où la liberté d’expression est reconnue à tous ? A-t-on besoin d’être armé pour être un homme ? Le meurtre est-il un acte politique dans une république démocratique ? Et la nation corse, de qui serait-elle composée ? De ceux qui y sont nés (le droit du sol) ? De ceux qui y vivent (mais plus la moitié de ceux qui se considèrent corses vivent sur le continent) ? De ceux qui parlent corse ? A qui donnerait-on la carte d’identité corse et la carte d’électeur ?

Reste le rôle des femmes corses! Il ne vous a pas échappé que nous n’avons vu ni entendu aucune femme politique corse depuis des années, pas plus pour ces élections qu’en d’autres occasions. Y en a-t-il ? Où sont-elles ? Les cache-t-on ? Quelle est l’importance sociale et politique de cette moitié de la population ? Si j’étais corse, cela m’inquièterait. Machisme? Archaïsme? L’éducation qu’elles donnent à leurs fils est-elle en cause ? Ce pourrait être elles, les forces vives de la nation corse!

C’est un beau pays tout de même et les Corses, des citoyens souvent attachants. Ah ! S’ils pouvaient se libérer de leurs vieux démons et débattre sereinement et démocratiquement de leur avenir ! On le leur souhaite.

Si un Corse accepte de traduire correctement mon billet (en langue corse), je publierai volontiers la traduction à la suite du billet en français.

Défense et illustration de la poterie

Voilà une des ambitions de ce blog ! Je serai évidemment plus modeste que Joachim du Bellay* ne l’était en 1549 pour la promotion de la langue française. Je pense que le potier d’aujourd’hui a quelque chose à montrer. Les pièces qu’il  produit ont leur place dans notre environnement. Des poteries utiles et ce n’est pas un gros mot. Utiles au sens premier : on y boit, on y mange, on y dispose des fleurs… Utiles surtout à vivre : le plaisir de les voir, de les toucher est une sorte de poésie concrète du quotidien. On échappe à la standardisation, au design d’Ikea (qui a ses qualités), à l’impersonnel qui nous environne…

Potier et pourquoi pas céramiste ? J’ai de la peine à comprendre le succès de ce dernier terme quand il s’agit de poterie. Est-ce pour se démarquer du premier qui serait trop attaché à la tradition, trop lié à l’utilitaire (le vilain mot !), dépassé, bref ringard ? Potier, je vois ce dont il s’agit. Céramiste — de keramos, argile en grec —  aurait une connotation plus artistique et plus contemporaine ? Soit ! Les fabricants de tuiles ou de briques sont aussi des céramistes et parfois, à leur façon, des artistes de notre environnement.

Être potier, c’est apporter de l’humain, du plaisir, de l’utile et peut-être un peu de beauté dans notre quotidien. Pour le potier, c’est aussi, au milieu de multiples difficultés, le plaisir de fabriquer des objets personnels qui transpirent un peu de lui-même. Peut-être s’agit-il aussi de guérir de blessures ou de vivre autre chose. Rappelons la phrase abrupte de Ben Lisa, un potier catalan : « la vie est une maladie dont la poterie est une des thérapies ». Alors, que vive la poterie !

*Joachim du Bellay est un poète du XVIe siècle qui a écrit un manifeste en faveur de la langue française : Défense et illustration de la langue française.


DEFENSE AND ILLUSTRATION
OF POTTERY

Here is one of this blog’s ambitions! I will of course be more modest than Joachim du Bellay* who promoted the use of the French language over Latin in 1549. I believe today’s potter has something to demonstrate. What he makes holds a special place in our environment. Useful vessels and pots. And that’s no curse word. « Useful » in its primary sense: They can be used to drink, eat, put flowers… And especially useful to life: The pleasure of seeing and touching them is somewhat a concrete poetry of everyday life. One escapes from standardized things, Ikea designs (which also have qualities), and a sense of « impersonal » that surrounds us…

Why potter and not ceramicist? I have a hard time understanding the popularity of the latter when it comes to pottery. Does it strive to distance itself from the former, maybe too tied to tradition, too related to the idea of « utilitarian » (oh what an awful word!), old-fashioned, in short, antiquated? « Potter », I see what that means. « Ceramicist » — from the Greek keramos meaning « clay » — might have a more artistic and contemporary connotation? So be it! Those who make tiles and bricks are also ceramicists and sometimes, in their own way, artists of our environment.

To be a potter means to bring humanity, pleasure, usefulness and maybe a little beauty into our daily lives. For the potter himself, it also means, amongst many difficulties, finding pleasure in making personal objects that bare a little bit of himself. It might also be a way to heal some of one’s wounds or to have a different life experience. Let’s remember Catalan potter Ben Lisa’s abrupt sentence: « Life is a sickness and pottery is one therapy ». Long live pottery!

*Joachim du Bellay was a 16th century French poet, known for having written a famous manifesto in favor of the French language vs. Latin: Défense et illustration de la langue française, (Defense and Illustration of the French Language).