Lendemain d’élections

J’ai l’intention de publier de temps à autre un billet d’humeur sur un sujet d’actualité. Je n’y prétendrai pas faire preuve d’une originalité ou d’une perspicacité hors du commun, mais comme tout humain, j’ai parfois besoin de m’affranchir de la communication ambiante ou de pousser un coup de gueule.

Alors, ces élections régionales ? Deux pistes de réflexions.


D’abord le Front National, évidemment. Je passe sur les points essentiels du programme. Fermer les frontières quand les échanges (humains et marchandises) depuis quelques années ont été multipliés par plus de vingt ! Imaginez le nombre de fonctionnaires nécessaires aux frontières : nous ne sommes ni la prison de la Corée du Nord ni une ile comme la Grande Bretagne. Je passe aussi sur la sortie de l’euro, comme si aujourd’hui changer de monnaie nous changerait en quoi que ce soit la vie. Mais non, nos problèmes ne viennent ni de la monnaie européenne — même si la Banque Européenne n’est pas exempte de tout reproche — ni des autres, mais de nous-même. Quels efforts pouvons-nous faire, nous, pour mieux vivre ensemble ? Quel homme politique courageux (churchilien ?) va nous entraîner à retrousser nos manches au lieu de nous promettre…

Mon interrogation porte plutôt sur la stratégie du FN. Dans une démocratie, même  avec des scrutins majoritaires à deux tours, un parti ou un groupe qui souhaite gouverner est contraint — et c’est bien comme ça, pour des tas de raisons dont on pourrait débattre — de s’allier à d’autres portant des idées ou des projets suffisamment proches. Ceci pour obtenir une majorité de gouvernement et surtout pour avoir une légitimité suffisante devant la nation. Or le FN ne cesse de fustiger l’UMPS et on ne le voit guère oeuvrer pour s’allier avec un parti conséquent. Dans ce cas là, sauf situation exceptionnelle improbable, comment compte-t-il faire ? C’est pour moi la leçon principale de son échec et de ceux qui vont suivre.


Ensuite, la Corse qui a élu une majorité relative régionalo-autono-indépendaniste dirigée par le leader autonomiste Gilles Simeoni. Je laisse les explications de ce vote aux spécialistes (le clientélisme, la mise en examen pour corruption de l’ancien patron de l’assemblée corse, Paul Giacobbi…). Mes interrogations sont plus générales. Je suis allé quelques fois en Corse, j’ai même vécu quelques jours chez un (ex) indépendantiste dans le maquis. Cependant, pour un Français du continent comme moi, la Corse reste un mystère, une énigme. Je ne comprends rien au jargon nationaliste de certaines factions (ex : les forces vives de la nation corse dont ils nous rebattent les oreilles, c’est quoi dans la réalité ? Et quelles sont les forces qui ne sont pas vives ?).

J’ai toujours le sentiment que leur discours convoque  des fantasmes, des chimères menaçantes, que la méchante France continentale leur en veut, les menace… de quoi? L’État français serait la cause de tous leurs maux alors qu’il est le garant du droit. Quel crime avait commis le préfet Erignac pour qu’on réclame aujourd’hui l’amnistie de son assassin ? Qu’est qu’un prisonnier « politique » dans une république où la liberté d’expression est reconnue à tous ? A-t-on besoin d’être armé pour être un homme ? Le meurtre est-il un acte politique dans une république démocratique ? Et la nation corse, de qui serait-elle composée ? De ceux qui y sont nés (le droit du sol) ? De ceux qui y vivent (mais plus la moitié de ceux qui se considèrent corses vivent sur le continent) ? De ceux qui parlent corse ? A qui donnerait-on la carte d’identité corse et la carte d’électeur ?

Reste le rôle des femmes corses! Il ne vous a pas échappé que nous n’avons vu ni entendu aucune femme politique corse depuis des années, pas plus pour ces élections qu’en d’autres occasions. Y en a-t-il ? Où sont-elles ? Les cache-t-on ? Quelle est l’importance sociale et politique de cette moitié de la population ? Si j’étais corse, cela m’inquièterait. Machisme? Archaïsme? L’éducation qu’elles donnent à leurs fils est-elle en cause ? Ce pourrait être elles, les forces vives de la nation corse!

C’est un beau pays tout de même et les Corses, des citoyens souvent attachants. Ah ! S’ils pouvaient se libérer de leurs vieux démons et débattre sereinement et démocratiquement de leur avenir ! On le leur souhaite.

Si un Corse accepte de traduire correctement mon billet (en langue corse), je publierai volontiers la traduction à la suite du billet en français.

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